MA grossesse, MA sage-femme

Je n’ai jamais eu de sage-femme à « moi ». 

Pour ma première grossesse, mon suivi en hôpital ressemblait davantage à des séances de pointage plutôt qu’à des entretiens humains. Des sages femmes j’en ai vu beaucoup … trop. Jamais la même. Je ne me souviens pas de leurs visages, et encore moins de leurs prénoms. Pour elles je resterais un nom sur un dossier, un sujet noyé dans les statistiques.

A ma seconde grossesse, j’ai pris les choses en main. J’ai rencontré « mon » gynécologue. Un suivi de grossesse beaucoup plus personnel, de l’écoute … humain. Mais je n’ai toujours pas rencontré « ma » sage-femme. Je suis allée aux cours collectifs de préparation à l’accouchement, mais d’une oreille discrète. J’ai confié la préparation de la naissance de mon fils à moi même, à mes désirs, à ce corps que j’ai appris à connaître, et à ma tante qui exerce la sophrologie. J’ai vécu un très bel accouchement, l’accouchement auquel je m’étais préparée.

Pourtant il me reste un regret. Celui de ne pas avoir pu tout dire, tout demander. J’aurais aimé pouvoir vider mon sac émotionnel, me confier à une oreille extérieur, une oreille rien qu’à moi. Et recevoir tous les conseils avant même que je ne les demande.

Il m’a manqué une sage femme.

Parce que depuis toujours, la femme a besoin d’une main, de ce soutient pendant la grossesse, lors de l’accouchement. Dans l’Égypte Ancienne déjà, celles qui font « le charme de l’accouchement pour la mère », étaient respectées et avaient une position importante. Elles étaient élevées en prêtresses. Mais c’est en 1757, qu’ Angélique du Coudray révolutionna le métier de Sage-femme, protestant pour revenir à plus d’humanité, à une période où les femmes accouchaient seules, ou avec l’aide d’une Matrone, ignorante élue par le peuple. Angèlique du Coudray à fait de l’accompagnement à l’accouchement un véritable enseignement … avec un visage humain : « En attendant le moment de délivrer la femme, on doit la consoler le plus affectueusement possible : son état douloureux y engage ; mais il faut le faire avec un air de gaieté qui ne lui inspire aucune crainte de danger. « 

mannequin d’apprentissage de A. de Coudray.

Cette sage-femme, cette écoute, je l’ai toujours retrouvé lors de mes accouchements : 1 femme formidable m’a soutenu la 1ère fois que je suis devenue maman, et c’est un homme en rose qui m’a tendu mon fils la 1ère fois. Je les ai tellement aimé, remercié dans mon regard … Parce qu’à cet instant, ils ont été là, POUR moi.

C’est encore 1 femme pleine d’écoute et de douceur qui m’a soutenu pour la naissance de Gizmo. Elle a su me redonner confiance, m’encourager. Elle a su être présente et discrète. Quand je repense à la naissance de mon fils, elle en fera toujours parti.

Et cette présence, ce soutient, il est essentiel. Savoir qu’une personne est là pour nous, c’est tout simplement incroyable. Tout ce qu’elles donnent, pour nous, est en mon sens plus que louable.

Elles sont notre dévidoir émotionnel, souvent notre pied d’estal. Ce sont des mines d’informations, pour les jeunes mères, une écoute pour les futurs pères aussi. Il arrive même que l’on crée une relation d’amitié avec ces femmes qui nous suive dans cette aventure qu’est la grossesse. Et quoi de plus normal avec une personne qui a mis au monde notre enfant, et parfois même les suivants. Je vous invite à lire le témoignage de Vert citrouille et Maybeegreen. Le rôle de la sage femme est encore plus essentiel dans l’AAD.

Pour ma 1ère grossesse, ce sont les sages femmes qui ont fait mon suivi. Les rendez-vous mensuels étaient assurés par des sages femmes, en salle de consultation. Des sages femmes qui avaient une liste de rendez vous, des patientes qu’elles ne revoyaient pas forcément 1 mois sur l’autre, ne sachant parfois pas si elles avaient ou non accouché. Des sages femmes qui essayaient tant bien que mal de me parler allaitement en 10 minutes de consultation, me demandaient comment j’allais en remplissant un dossier, qui enseignaient en collant des étiquettes sur des flacons d’urine pendant qu’une élève infirmière se promenait dans mon vagin. Des sages femmes qui tentaient tant bien que mal de construire une maternité humaine, sans avoir le temps de retenir le prénom de leur patiente.

Les sages-femmes ont le baby-blues, et on les comprend. Elles donnent tellement sans grand retour. Le bonheur de la naissance d’un enfant, la joie des parents, le sourire d’une mère fatiguée … Et puis quoi ?? Où en sommes nous de la revalorisation de leur travail ? Conseils éducatifs fait le point cette semaine, et nous fait partager la colère des sages-femmes.

Il serait peut être temps de revoir les fonctions de chacun: Gynécologue et Sage-femme. L’un ne se substitue pas à l’autre, bien entendu, mais l’un ne va pas sans l’autre non plus, et il serait bon de reconnaître qu’ils jouent du même Spéculum …

Revaloriser le métier de Sage-femme, reconnaître leur atout dans le suivi de grossesse, leur laisser du temps pour qu‘elles continuent de s’informer pour mieux nous conseiller (je pense ici à l’allaitement, les différentes préparations à l’accouchement …), leur donner les moyens d’accompagner les mères personnellement (et sûrement diminuer les dépressions post-partum ?) …

Peut être une bonne résolution pour 2012 non ??

Pour plus d’informations : Ordre des sages femmes

[mini-débrief pour les Vendredis Intellos]

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5 commentaires sur « MA grossesse, MA sage-femme »

  1. Youhou, moi j aime ma sage femme d’amour. J ai pas voulu que ce soit un gynéco qui me suive.. En fait, la sage femme sait si elle est dépassée si tu as un souci. Moi tout va bien, je les aime toutes ces sages femmes et comme je suis en permanence en train de vider mon sac émotionnel comme tu le dis si bien, je pense que jamais je n aurais pu avoir meilleure oreille qu’en ayant fait ce choix.

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