Mon enfant du milieu

J’ai toujours pensé que l’on ne pouvais pas aimer ses enfants de la même façon. Je suis moi même l’aîné, la seule fille, la perle rare, mais aussi le brouillon. Le 1er enfant, on essaie, on se trompe, et finalement on ne fait plus trop attention, on se dit que l’on se rattrapera avec les prochains. La façon dont nos parents nous ont aimé enfant raisonne fortement de leur histoire, de l’histoire de notre arrivée. Les années défileront et de chacun il en ressortira une trace plus ou moins indélébile  Je me suis rendue compte très jeune de cette différence, sans doute parce qu’avec les années elle avait fini par creuser un fossé un peu trop profond, qu’il serait difficile à effacer aujourd’hui.

Je m’étais alors promis d’aimer mes enfants sans réserve, chacun autant que l’autre, et je ferai en sorte qu’ils le sachent.

A 2ans, mon petit garçon a grandi bien trop vite. Je ne me souviens de sa 1ère année qu’en photo. Très vite mon ventre s’est de nouveau arrondi, et mon bébé n’était plus ce petit garçon sur mes genoux, mais ce nouveau petit être dans mon ventre. Je l’ai fait grandir trop vite. Dans ma tête il n’était plus mon bébé, mais ce deuxième petit garçon qui avait fait de mon aîné un grand frère. Je suis passée à côté de mon petit garçon. Je ne l’ai pas vu grandir. Je me suis occupé de lui en même temps que son frère, ne prenant peut être pas assez de temps pour lui seul, faisant les choses en double peut être un peu trop mécaniquement.

J’aime mon petit garçon de tout mon cœur  mais aujourd’hui je sens comme un fossé entre nous. Je ne lui refuse aucun câlins, aucune nuit dans mes bras, avec toujours ce sentiment de vouloir me faire pardonner. Pardonner de m’être recentrée sur mon nombril, de l’avoir fait grandir trop vite. Je l’ai laissé marcher sur les traces de son frère, oubliant de faire « pause ».

Il a tout appris trop vite.

Il est au milieu. Plus bébé mais pas encore grand. Ses apprentissages ne sont plus des nouveautés pour nous et nous passons parfois trop vite au dessus. J’aimerai prendre le temps autant que je le fais pour mon grand, mais quelque chose s’est cassé.

Il m’arrive de pleurer lorsqu’il vient dans mes bras, ne me sentant plus légitime de son affection.

Aujourd’hui je mets un point d’honneur à le mettre en avant, mon tout petit. Je m’arrête sur tout ce qui le différencie de son frère. Je ne garde plus autant les vêtements devenus trop petits pour les mettre dans son armoire. Je veux lui donner une place de choix, pas cette place du milieu que je déteste tant, si difficile à affirmer. Je ne veux pas qu’il soit mon 2ème garçon, je veux qu’il soit Lui, pour ce qu’il est. Je ne veux plus qu’on l’oublie parce qu’il se met moins en avant que son grand frère.

Mais ce sentiment de remords ne me quitte pas, même si je nous accorde des moments privilégiés j’ai sans cesse cette impression de vouloir me faire pardonner.

l'enfant du milieu

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12 commentaires sur « Mon enfant du milieu »

  1. J’en ai que 2, 2 ans tout pile poil entre les deux…
    Aujourd’hui, mon deuxième a l’âge que sa sœur avait quand il est né… et on se rend compte tout ce qu’on a loupé, tout ce qu’on a pas fait avec elle, parce qu’on l’a fait grandir trop vite…
    Ton texte me parle, très fort. Cette culpabilité qui colle à la peau, je la sens… Peut-être que c’est ça aussi être parent?

  2. Tu m’as fait monté les larmes aux yeux ='( J’ai été la deuxième fille, sauf que ma mère avait pas conscience de ce dont toi tu as conscience. Ton petit garçon ne t’en voudra pas, parce que tu corriges le tir et que tu l’aimes de tout ton coeur. J’en veux pas à ma mère, même si à un moment, j’ai souffert de cette non différenciation d’avec ma soeur. Puis elle est partie à 15 ans, et je me suis retrouvée l’aînée, ça n’a rien arrangé !

    Mais ne t’en fais pas, tu réussiras à renouer avec ton petit garçon, pour votre plus grand plaisir!

    Ce que tu dis pour les vêtements, que tu veux qu’il soit LUI et pas son grand frère, c’est ce que je ressens pour ma toute petite bébé qui grandit en moi. Pour ma mère, je devrais recycler tout ce que son grand frère a eu, même les vêtements ‘que ça soit bleu, ou autre, ça change rien tant qu’elle est habillée!’ Mais justement non. Je n’ai pas voulu un autre bébé pour en faire une copie de son grand frère, pour combler le manque de son grand frère bébé, mais pour agrandir la famille. Je veux qu’elle soit elle et qu’il soit lui. Même si ma mère ne comprend pas ça…. (mais oui, je recycle certains trucs, bien sûr, mais pas tout. Et pas beaucoup!)

    J’espère que je pourrais continuer à voir mon tout petit de 20 mois comme un bébé, même si physiquement même, il devient tellement…. petit garçon….

    Plein de courage et d’amour ma belle ♥ Profite de tes 3 enfants ♥♥♥

  3. Oh mais non il ne faut pas que tu pense ainsi il a tout de meme sa part legitime j’en suis sur , on a tous des remord sur ce que l’ont fait avec nos enfants toute bonne mere est ainsi mais tu fais au mieux et je sais que tu es une bonne mère , mais oui on fait tous nos ptites erreurs mais chaques enfants et différent tu t’adaptes comme tu le peux , ne pense pas que tu ais quelques chose a te faire pardonner tu l’aimes tout autant que les autres tu le sais , et tu agis pour lui comme tu le ressents . Chaque enfant est spéciale et on l’aime autant que l’autre mais c’est toujours different , j’avais peur de faire un autre bébé par peur d’aimer ma première plus que l’autre et non je les aimes pareil et les eleves pour l’instant comme j’en ressent le besoin pour eux, ne culpabilise pas tu fais au mieux j’en suis sur mais je comprends ce que tu ressents mais il n’est pas delaisser au detriment de l’autre ne te mine pas, quand on a plusieurs enfants il y’a des ptites priorité de temps en temps , ce n’est pas le fait de ne pas etre une bonne mere que de le laisser ce debrouillé un peut seul ou de le laisser decouvire seul , tu auras encore plein de chose auquel tu devras t’emmerveillé avec chacuns d’eux ne t’en fais pas 😉 On a toujours envie de ne rien loupé , je sais , je comprends mais parfois on a pas le choix , on ne passe pas a coté mais on ne s’y attarde pas autant , c’est dur et oui on veux y remedier mais il ne faut pas en culpabilisé on ne vis plus ( te dis ça la fille qui est pareil) faut relativisé c’est dur oui mais personne n’est parfait ! Hein Miss Brie ?? XOXO ma belle ❤

  4. Mes Choups ont 18 mois d’écart et aujourd’hui, je me rends compte en observant ma 2ème que oui, j’ai fait grandir bien trop vite mon aînée… parce que comme tu le dis si bien en voyant mon ventre s’arrondir, le bébé était dans mon ventre et Titinou qui était pourtant encore un bébé est devenue très vite une petite fille, une grande soeur à mes yeux. Très joli texte!

  5. C’est trés beau!! j’aime ta façon d’écrire, de raconter la vie…Nous ne sommes pas des mamans parfaites, mais malgrés tout nous faisons se que nous pouvons. Je comprends se que tu ressends… Je m’aperçois que je fais grandir bien trop vite mon ainée et que je lui demande beaucoup… Pourtant ils ont tellement le temps de grandir, d’affronter la vie…Alors moi aussi je fais attention et je prends plus de temps avec elle….

  6. Je me dis que c’est sûrement une chance que le 2e ait été une fille. Comme disait une lectrice plus haut, j’avais initialement pensé recycler énormément les vêtements de son frère, histoire de pas dépenser « inutilement » et puis non, je me suis mise à acheter plein de trucs « de fille » pour elle (même si je me défendais d’en faire une poupée), parce que finalement, c’est bien aussi d’avoir des choses à soi, déjà qu’elle a récupéré la plupart du matériel et des jeux de son frère, évidement.
    Et puis je me dis surtout que le 3e attendra, tant j’ai encore le souvenir des premiers mois difficiles avec les 2, où même en sachant qu’il ne fallait pas, j’attendais de mon fils qu’il soit autonome et « grand » (à 2 ans donc), parce que c’était très dur à gérer sinon… Mais bon, si un 3ème s’invitait tout seul, on ferait le même choix que toi hein 😉
    Enfin, j’ai aussi constaté combien il m’a fallu du temps pour me reconnecter à mon aîné, tant la fusion avec sa sœur (en tant que bébé et en tant que fille) a été forte et tant il m’exaspérait, a cause de la fatigue, de ses besoins, du terrible two évidemment, de tout ça… Je me suis surprise à ne plus me sentir aussi proche de lui (ou a en faire l’effort) qu’avant l’accouchement alors que ça me paraissait inconcevable avant, puisque c’était mon bébé adoré, le seul et l’unique qui comptait, avant.
    J’imagine bien ta culpabilité, on ne peut pas te dire de passer outre ton mal-être mais je crois qu’en actes, tu fais ce qu’il faut. Les enfants sont tellement adaptables qu’il ne t’en tiendra sûrement pas rigueur, surtout qu’il est encore largement temps de rééquilibrer votre relation. Je te souhaite de vite retrouver la sérénité vis a vis de lui 🙂
    Plein de bisous !!!

  7. Ce sentiment de culpabilité m’a longtemps habité aussi bien envers mon aîné qu’envers ma cadette.
    Je culpabilisais tellement que j’avais tendance à mettre Chupa de côté quand elle était bébé pour ne consacrer à TiBiscuit. Puis elle était tellement facile, elle s’adaptait tellement bien à la situation que je n’ai pas vu qu’en grandissant, elle pourrait se sentir mal aimé …
    Bref, pas facile…

  8. J’ai une grande culpabilité à l’égard de ma deuz aussi, parce que sa petite soeur n’a que 15 mois de moins, et comme toi j’ai l’impression d’avoir parfois géré de façon trop mécanique, de n’avoir pas eu assez de temps… Mais du coup je lui passe peut-être plus de choses qu’aux autres pour me racheter… Pas facile d’être impartial, et puis tous les enfants ne demandent pas la même chose au même moment, dur dur !

  9. dur dur … on est tous marqué par son histoire ici ce sera 2 ou 4 enfants, mon mari est fils unique et moi celle du milieu comme on dit …

  10. Je n’ai que 2 enfants mais ton article résonne fortement. Pas envie de délaisser ma première, avec laquelle j’étais tellement complice et fusionnelle, mais pas cool de délaisser la deuz, facile et discrète. J’ai recyclé quasiment toutes les fringues de ma première, même sexe et même saison, peu de budget. Mais je déteste voir cette petite soeur dans les mêmes pyjamas, surtout qu’elles se ressemblent beaucoup. Au final, dur de trouver un équilibre, mais on y arrive a peu pres : école la journée pour profiter du bébé, les soirées pour ma grande, les week-end moitié moitié… Mais de la culpabilité, toujour

  11. ton article porte à réfléchir… Je suis l’ainée de 4 enfants et j’ai toujours pensé ( même maintenant à 25 ans ) que c’était la pire place de la fraterie. Petite j’ai toujours trouvé mes parents injustes avec moi, les « petits » étaient autorisés à faire des choses que l’on m’avait défendu, j’étais toujours mis à contribution pour les corvées, on devait pouvoir compter sur moi… Aujourd’hui j’ai un petit garçon de 10 mois, je l’aime plus que tout, et je pense parfois qu’il sera toujours l’ainé lui aussi. Ca me fait de la peine pour lui, j’espère qu’il le vivra bien, qu’il ne se sentira pas laisé ou délaissé… En lisant ton article je prend conscience de ce qu’est être le second. A vrai dire je n’y avait jamais songé. Je n’avais jamais pensé que mes 2 petites soeurs du milieu aient pu souffrir de ce rang. Maintenant je comprend et en repensant à elles petites je pense qu’elles en ont souffert, en effet. Merci de m’avoir ouvert les yeux là dessus, je tacherai de me souvenir de cet article quand j’aurai un 2ème enfant et je ferais en sorte qu’il se sente unique…

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