L’Ecole qui n’aimait pas ce petit garçon pas comme les autres

(getty images)

Mon petit garçon est comme les enfants de son âge. Il joue au chevalier. Il aime Buzz l’éclair, Clochette, faire la cuisine, que je lui lise une histoire. Mon petit garçon est comme tous les enfants de son âge. Il n’aime pas se lever le matin, il met toujours trop de temps à boire son lait, mais ce n’est pas de sa faute, c’est une miette de pain qui est tombée dans son bol. Mon petit garçon, comme les autres enfants de son âge va à l’école. Mon petit garçon aime l’école. Il veut savoir, tout savoir, tout de suite. Il trouve que c’est trop long de grandir. Comme les autres enfants de son âge, mon petit garçon pose 400 questions par jour. Il a des copains, il joue, il se chamaille. A la fin de l’école il me raconte sa journée, pas tout, il a ses secrets.

Mon petit garçon n’est pas comme tous les enfants de son âge. Mon petit garçon est hypersensible. Mon petit garçon ressent les émotions avec une très forte intensité. Mon petit garçon est perfectionniste, anxieux, sensible aux moqueries, mal à l’aise en groupe … Mon petit garçon n’est pas comme les autres enfants de son âge. Lorsque qu’il est triste, c’est un torrent de malheur sur ses petites épaules. Quand il est en colère, c’est toute l’injustice du monde qui s’attaque à lui. Mon petit garçon a besoin qu’on lui dise qu’on l’aime, il me demande trop souvent si je suis fière de lui. Mon petit garçon pose trop de question, il se pose beaucoup trop de questions. Il veut tout savoir parce qu’il a besoin de comprendre. S’il ne comprend pas il se sent agressé, parce qu’on a peur de ce que l’on ne comprend pas.

Mon petit garçon est comme tous les enfants de son âge, il va à l’école. A l’école il pose des questions et on lui répond. A l’école il apprend les lettres, les chiffres. Il trouve que ça ne va pas assez vite, mais il est patient. A l’école il a des copains. Il joue, il se chamaille. Mais lorsqu’un enfant se moque de lui, il ne rie pas. Lorsqu’un enfant prend son tour, il ne prend pas de recul. Quand il y a trop d’enfants, il se sent mal. Alors ses émotions le dépasse. La peur, la colère, la tristesse, tout se mélange.

Mon petit garçon aime l’école mais l’Ecole ne l’aime pas. Du moins, cette Ecole ne l’aime pas. Elle n’aime pas l’enfant qui a mordu la petite fille qui s’était moqué de lui. Mordre c’est mal, c’est douloureux, ça laisse une trace. La moquerie c’est des mots, les mots ce n’est pas douloureux, ça ne laisse pas de marque. L’Ecole n’aime pas l’enfant qui chiffonne son dessin parce qu’il a débordé sur la ligne. L’Ecole ne sait pas que l’enfant voulait offrir le dessin à sa maman et qu’il était déçu d’avoir dépassé la petite ligne noire. L’Ecole a préféré le punir. L’Ecole n’aime pas l’enfant qui pousse parce qu’il ne supporte plus les moqueries. Elle n’aime pas l’enfant qui ne veut pas faire la sieste. Elle n’aime pas l’enfant qui préfère mettre sa serviette sur ses genoux plutôt qu’autour du cou comme il faut le faire.

L’Ecole nous a alors convoqué, nous parents de ce petit garçon. L’école nous a gentiment expliqué qu’il serait bon que ce petit garçon, pas vraiment comme les autres apprenne à rentrer dans le moule. L’Ecole aimerait que mon petit garçon ne dise rien aux moqueries, qu’il mette sa serviette autour du cou, qu’il se moque de trouver son travail réussi ou non, les autres jugeront pour lui. Elle n’a pas le temps de prendre du temps pour ce petit garçon un peu différent. l’Ecole jugerait bon que nous soyons plus fermes, plus durs. C’est ainsi que nous, parents de ce petit garçon, avons été invité à lever la main sur notre enfant. Ho gentiment hein, pas trop fort, juste une petite fessée de temps en temps. La fessée est bénéfique pour remettre les réfractaires dans le droit chemin.

Alors nous avons écouté l’Ecole nous dire que l’éducation non violente ne fonctionne pas, que la communication a ses limites. Que les mots ne suffisent pas à montrer l’autorité. L’Ecole nous a expliqué comment il nous fallait faire pour que ce petit garçon nous craigne, pour qu’enfin il est peur de nous, et qu’enfin il obéisse aux règles de l’Ecole.

J’ai alors pensé à mon petit garçon. J’ai pensé à ses colères, ses peurs, ses inquiétudes, ses questions. J’ai expliqué à l’Ecole comment nous aimions ce petit garçon. J’ai dit à l’Ecole que j’aimais discuter avec ce petit garçon et que je continuerai à le faire. Je continuerai à lui expliquer les choses encore et encore. Je continuerai de le respecter pour qu’il me respecte. Je continuerai de l’écouter. Je continuerai de lui dire non, et je lui laisserai le droit de me dire non lui aussi. Je continuerai à le considérer comme égal à moi. Et non, jamais je ne veux qu’il est peur de moi. Jamais je ne veux qu’il perde sa confiance en moi. Jamais je ne veux qu’il arrête d’être lui même parce que d’autres lui auront dit qu’il n’a pas le droit d’être différent.

L’Ecole nous a dit qu’elle ne pourrait pas nous suivre si nous suivions ce chemin.

Alors nous avons dit Au revoir à l’Ecole.

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114 commentaires sur « L’Ecole qui n’aimait pas ce petit garçon pas comme les autres »

  1. Hummm ce petit mot m’a un peu laissé … Sans voix. Par la correspondance entre votre petit garcon, et notre fille qui vient d’avoir 7 ans. Les quatre premiers paragraphes sont une image plus que fidèle de ce, et surtout qui, elle est.
    Sans nous demander de passer par la fessée, on s’est sentis jugés en tant que parents, laxistes, pas sévères, pas cadrants. Notre fille a été qualifiée d’autiste, de TDA, de manipulatrice et j’en passe d’autres bien épicées. Par des instituteurs, un directeur d’école, et par d’autres ‘professionnels’.

    De notre coté, on est passés par la compréhension, un peu de sévérite, de lecture, de grandes discussions de couple, de questionnements, avant d’enfin pouvoir la comprendre. Elle est EIP – nous sommes en phase de diagnostic, envers et contre l’avis de l’Ecole qui espere surtout trouver une aide pour l’aider a rentrer dans le moule. Son hyper émotivité lui fait rejeter l’idée de quitter l’Ecole, car autant elle n’aime pas cette Ecole, autant elle aime ses amis. Quand ils sont gentils … Et leur pardonne quand ils ne le sont pas, car ils ne sont pas ‘si mauvais’. Les cours l’ennuient, mais elle aime sincerement ses institutrices et ne peut imaginer les quitter. Cruel dilemme, et tant de générosité en même temps … Ce qui nous inspire à tenter de faire bouger des montagnes.

    Et donc on la soutient, on l’aide à comprendre que l’Ecole n’a pas encore compris, et que l’on travaille activement dessus. Et elle en profite pour travailler sur elle même – tout en se respectant, avec ses valeurs. Nous essayons donc. Encore au moins jusqu’à la fin de l’année. Notre nouvelle devise est : « ce sont les extrêmes qui font bouger le centre ». Elle l’a bien compris aussi. Elle nous a déjà bien fait évoluer, en tant que parents, par rapport à nos préjugés et idées recues avant sa naissance.

    Je ne peux que vous féliciter pour votre choix, fut-il le temps de trouver un cadre scolaire ouvert, acceuillant, enrichissant pour votre petit garcon. Et vous souhaiter de merveilleuses fêtes en famill 🙂

    1. ça fait plaisir des parents motivés comme ça 🙂

      Je voulais juste vous dire qu’on peut être EIP et autiste aussi; sans vouloir du tout faire de commentaire déplacé, c’était mon cas, et à l’école lorsqu’à l’âge de 7 ans les instit’ en ont parlé à mes parents ils ont simplement balayé l’option… Des années plus tard, ce fut une libération de le comprendre. 🙂 Je voulais juste transmettre cette information, rien de plus 🙂 Belle continuation à vous.

  2. voilà qui donne des frissons et invite à pleurer… et à se révolter
    si j’ai donné parfois des tapes aux fesses de mon fils, c’était reconnaitre mon impuissance et je trouve ça nul et contre productif; d’ailleurs comment une administration peut elle inculquer ces méthodes qui sont incohérentes avec la loi?
    On sait que l’éducation nationale n’aime pas les clous qui dépassent, (élèves non conformiste ou particulier, comme enseignants très investis). il est vrai que notre société préfère produire des moutons de panurge, c’est plus facile à manipuler. Moi je préfère une école qui amène des futurs adultes droits dans leurs bottes. L’école est encombré d’élèves dys ou précoces ou les deux avec lesquelles elle ne sait pas composer. Alors, comme là, c’est aux parents et surtout à l’enfant qu’on demande de produire les efforts que les professionnels n’ont pas été en mesure de produire comme de s’adapter. Quel dommage, ça fout la rage.
    Courage

  3. Je suis « l’Ecole » et je suis désolée pour ce petit garçon… Qu’allez vous faire? L’école à la maison? J’ai une élève qui vient d’entrer en 6è après avoir été à l’école à la maison depuis toujours. Elle rayonne, sait plein, plein plein de choses. Des choses très utiles et d’autres très inutiles d’après les « programmes ». Mais c’est si inutile que chaque jour elle ensoleille nos cours de français…
    Je suis « l’Ecole » et je ne voudrais pas que vous croyiez que nous sommes tous sur le même modèle….

    1. Je pense comme vous, Saa…. Très beau texte, d’une histoire très touchante, mais
      Quel dommage -et quelle tristesse- Okaasan de généraliser ainsi l’ Ecole , en mettant vous aussi finalement tous les enseignants dans le même sac, le même moule …

      1. Comme je l’ai précisé dans l’article, je ne parle que de CETTE école . Nous avons dans le passé croisé d’excellents enseignants. Je ne parle ici que d’une expérience , je n’ai jamais parlé de généralisation fort heureusement .

  4. Oh comme je vous comprends … notre garçon de 7 ans (dpuis hier) est en cours de diagnostic pour des troubles envahissants du développement.mais l’ergo qui le suis a aussi décelé chez lui des irritabilités auditives. Je retrouve mon p’tit garçon en certains points dans le parcours du vôtre … bon courage à vous et une bise à votre petit homme 😉

    1. Des troubles envahissants du développement c’est pas la même chose qu’un hypersensible.
      C’est une autre paire de manches si l’autisme est diagnostiqué (oui c’est un ted).

  5. Je vous souhaite plein de courage. Surtout ne culpabilisez pas, vous ferez un jour les belles rencontres qui vont vous permettre de trouvez une sérénité que vous méritez ; votre témoignage est très touchant, unique et hélas tellement représentatif de ce monde qui veut aller trop comme il faut.

  6. Suivez votre route, elle est celle de la justesse, de la sensibilité et du cœur. Cette Ecole-là n’est pas adaptée pour les enfants qui vivent leurs émotions.
    Elle ne sert visiblement qu’à formater… tristement.
    Bon courage et bonne route à vous, vous avez eu raison d’écouter votre voix intérieure.
    Le plus important dans tout ça, c’est l’humain.

    Amitiés.
    Perrine

  7. Pauvre petit garçon incompris.
    J’espère de tout cœur qu’il trouvera une Ecole qui l’aimera autant que lui l’aime et qu’il aura des professeurs qui lui diront qu’ils sont fiers de lui, comme sa maman.
    Courage aux parents, ne baissez pas les bras !

  8. Que d’émotions cet article ton petit garcon me fait beaucoup pensee a ma princesse Asma qui a 4 ans j’ai eux les larmes aux yeux ma puce n’as jamais etait a l’ecole ni son frere 2 ans nous faisons l’ief depuis toujours, je comprend ton petit garcon car j’ai ressenti cette douleur de la moquerie des autres de incompréhension des maitres, l’ecole ma bien detruite ton fils aime pas « l’ecole » il aime apprendre et ses copain et cella peu se faire de partout tout le temps quand on veux vous avez fait le choix de l’ief je ne peu que t’encourager !!!! 🙂

  9. Je suis bouleversée…
    J’ai eu 40 ans cette année…
    Il y a 35 ans environ on a dit la même chose à mes parents.
    Depuis ce qui est devenu la maltraitance a laissé ses marques, même si 17 ans d’analyse ont réussi à rétablir le dialogue.
    Il y a 27 ans environ on a dit à mes parents que j’étais inadaptée socialement, que je ne ferai jamais d’étude, qu’il n’y avait pas d’espoir. Le papier de l’évaluation psychologique était bleu.. Il est resté collé sur ma rétine.
    Depuis j’ai fait 2 master 2, j’ai fait une thèse… je suis juriste.

    Il y a quelques jours, on m’a dit la même chose de mon aîné !
    Je n’ai pas la possibilité de le retirer de l’école… mais je le protègerai de toutes ces « violences éducatives » durant toute sa scolarité.

    Bravo de pouvoir permettre à votre enfant de vivre autrement, de vivre bien.

  10. Cet article m’a été recommandé par une amie …et wow : comme je suis en empathie avec vous …ma fille de 8 ans vit un cauchemar …quotidien quasiment . Les rdv avec l’instit ne débouche sur rien de positif ou de constructif …a la fin de l’année je vais la faire tester pour savoir si elle est EIP ou pas …Courage ! Et Bonne fêtes de fin d’années 😉

  11. Très beau texte ♥ici, nous avons dit au revoir à l’école en 2007 et 2008 pour nos aînés, ne l’avons simplement pas choisie pour la plus jeune. Sans regret.
    Soyez heureux avec ce petit garçon formidable ! Ne laissez jamais une quelconque école éteindre sa petite flamme intérieure !

  12. Bonjour, et merci pour votre billet au ton si juste et à la sensibilité trop rare.

    Ne craignez-vous pas toutefois que l’isolement de votre petit garçon soit contre-productif, l’Ecole préparant tout de même à la vie en société (où là non plus rien n’est parfait)?

    Quels exemples avez vous exploré avant de prendre cette décision?

    Merci beaucoup pour vos réponses!

    1. Bonjour Steban,

      si je peux me permettre de vous soumettre mon avis sur cet argument classique de la socialisation, je vous propose de lire cet article sur notre blog. Il reflète tant notre opinion que notre expérience avec nos deux enfants qui n’ont jamais connu l’école (tout en ayant néanmoins des relations sociales ;-))

      http://www.ecoledesherbesfolles.fr/index.php/79-articles-generaux/111-sociabilite

      Déscolarisation ne veut pas dire isolement. Il y a beaucoup d’autres façons de voir du monde, même quand on est enfant.

      Cordialement

      1. Merci pour l’éclairage qui a dépoussiéré mon argumentaire certes un peu classique.

        Je découvre les thèses développées dans votre article et me demande pourquoi elles n’ont pas été poussées plus avant dans le monde éducatif.

        Si je résume, on a d’un côté l’école de la république qui ne marche pas bien mais qui a le mérite de vouloir éduquer (et instruire) tous les enfants, même si la manière est brutale.
        De l’autre côté, l’école à la maison (ou équivalent) qui ne fonctionne que pour ceux qui en ont les moyens financiers et intellectuels mais qui a l’air de très bien fonctionner.

        Que faire pour un enfant hypersensible ou intellectuellement précoce dont les parents sont pauvres et pas suffisamment instruits?

        Bien qu’empreinte d’amour, je trouve votre démarche terriblement individualiste et vous invite à politiser vos thèses afin de marcher main dans la main avec l’école de la république. Je serais d’ailleurs très heureux de marcher à vos côtés.

        Cordialement

        1. bonjour
          désolée d’intervenir, mais votre analyse (1 ou 0) m’érafle. je comprends tout à fait votre défense de l’école de la république, bien sûr la solution de scolariser un enfant à la maison n’est socialement pas l’idéal et n’est pas accessible pour tous comme, malheureusement beaucoup de choses; j’ai moi-même envisagé cette solution pour mon fils, je ne pouvais pas, et mon fils a eu la chance d’être entouré de bons thérapeutes et qu’une année un principal à l’écoute lui tende la perche contre toute une équipe éducative qui avait besoin plus d’être rassuré que de faire confiance en aveugle à un enfant en échec, multidys et précoce non performant donc toujours à côté de la plaque, pour qu’il prenne confiance et remonte la pente.
          mais je suis sure que si la situation ne s’était pas allégée et que je n’avais pas été seule à élever mon fils j’aurai avec joie envisagé d’apporter une éducation à la carte, bien plus créative et valorisante car pour aucun principe même d’idéal noble, un enfant ne doit être sacrifié et l’école parfois est toxique pour des enfants en difficulté et hypersensibles.
          cordialement

        2. Je ne veux pas trop m’étaler dans les commentaires de cet article car je pense que ce n’est pas le lieu et je vous invite donc simplement, si vous le désirez, à prendre éventuellement 1h20 de votre temps si cela vous est possible pour regarder ceci :
          http://www.ecoledesherbesfolles.fr/index.php/79-articles-generaux/122-tirer-parti-de-son-experience-pour-agir

          Je ne suis pas certain que vous serez d’accord avec nous mais vous constaterez néanmoins que la démarche politique est amorcée et qu’il n’est pas question d’individualisme puisque nous allons aider les familles qui le souhaitent et en ont besoin à avancer différemment pour leurs enfants.

          Il est question pour nous de protéger nos enfants d’un système que nous n’approuvons pas et, en cela, nous pouvons effectivement paraître individualistes, mais ce n’est en fait qu’une attention très soutenue au bonheur de nos enfants (je précise que notre garçon est hypersensible aussi et que je l’ai bien reconnu dans la description du petit garçon d’Okaasan).

          Je vous laisse donc vous faire votre propre idée et voir si vous souhaitez aussi avancer comme cela.

          Bonne soirée

          1. Bonjour et encore merci pour vos éclairages.

            Je regarderai ce documentaire avec attention. Pour ce qui est du ton polémique, je conviens qu’il n’avait pas lieu d’être ici.

            Je découvre cette manière d’envisager l’éducation des enfants, qui bouscule un peu mes convictions et ça me fait (un peu trop?) spontanément réagir.

            J’ai été sincèrement touché par le billet d’Okaasan, mais suis resté perplexe quant à la solution, du fait d’une certaine ignorance en la matière (et de convictions bien ancrées).

            Je me renseignerai un peu plus en commençant par regarder votre reportage.

            Bien cordialement

        3. Honnêtement, ici déscolarisation depuis mars dernier, et mes enfants ne se sont jamais aussi bien portés, y compris sur le plan social. Pour ce qui est de moyens financiers, je dirai non, ce qui compte c’est surtout la volonté: il existe bien des bibliothèques, des ressources sur le net sont innombrables, les musées organisent des ateliers à petit prix etc. Sur les groupes fb je croise même des mamans solo au RSA qui ont préféré passer le bien-être de leur enfant devant la prospérité financière; bref, faire l’IEF c’est surtout une question de CHOIX, pas (uniquement) des moyens, c’est un choix qui demandera certes plus de sacrifices à certains qu’à d’autres, à chacun de savoir jusqu’où il est prêt à aller pour son enfant. Individualiste, cette philosophie? Si vous voulez. Mais après des années de déboires avec l’EN et un raz-le-bol un mal-être général pour tout le monde je ne me vois en effet pas encore me servir de mes enfants de bélier pour enfoncer les portes forcément lourdes et fermées de changements dans cette structure.

          1. Mais je ne comprends pas, le RSA est versé aux gens qui sont en recherche d’emploi, avec obligation d’entretiens etc … comment peut on passer au travers de ce dispositif ?
            Si demain j’annonce à mes conseillers CAF/pole emploi que je ne recherche plus d’emploi, que je veux percevoir des allocs sans chercher de travail ça ne passera pas du tout !!!!

    2. Il ne s’agit pas pour nous de l’isoler. Nous sommes partis de cette école pour en découvrir une nouvelle avec je l’espère des enseignants plus ouverts . Nous avons décidés de mixer école et IEF, ce qui est un bon compromis.
      Je tiens tout de même à préciser que l’école n’est heureusement pas la seule institution capable de socialiser nos enfants . Le sport, les activités extra scolaire , toutes sorties est une occasion de d’ouvrir au monde .

      1. Je retiens surtout l’attention dont bénéficie votre garçon.
        La socialisation trouve un tas de chemin différents et, de plus, je pense qu’il faut aussi accepter que certains enfants sont parfois plus solitaires que d’autres et qu’ils peuvent souhaiter un peu de tranquillité (je faisais partie de ces enfants et je m’en suis bien pourtant bien sorti, merci :-))

        Vous avez choisi votre solution en pensant avant tout à lui et ça, ce n’est pas discutable. C’est votre solution de parent, en toute connaissance de cause, elle doit donc être soutenue et respectée.

        J’espère que votre enfant arrivera à nouveau à avancer sereinement de cette façon.

        Bon courage à vous

  13. Voilà. C’est ça que je cherchais à dire sans trouver les mots. Ceux ci sont parfaits. De notre côté, par contre, on s’accroche pour que l’école s’adapte à notre enfant, et que notre enfant s’adapte à l’école. Mais c’est une véritable bataille.

  14. Votre texte est magnifique , j’ai été maîtresse pendant 30 ans , des enfants comme le votre j’en ai connu beaucoup! comme je les ai aimés ! L’école est malheureusement très souvent ce que vous en dites mais il existe des enseignants , des psychologues scolaires qui ont su s’extirper du moule , cherchez les !

  15. Je découvre cet article au détour de mon mur fb et ça me parle…
    J’ai vu mentionné plusieurs fois « autisme », Ted et EIP dans les commentaires, je suis moi même TED – ou autiste – et je tenais à dire que être sensible peut être un don une fois apprivoisé…
    Nous sommes des fleurs inattendues qui poussent au milieu des champs. Nous sommes là pour égayer, éclairer et amener la réflexion de nos proches et des gens qui se trouvent « confrontés » à notre différence.
    Je parle des TED mais pas seulement, de tous ceux qui fonctionnent « différemment de la norme » – quelle norme, d’ailleurs?
    Bonne route à vous et votre fils, et je vous souhaite une belle aventure…!

  16. Bonjour, malgré mes 34 ans, je me retrouve en tous points en ce petit garçon. et comme lui j’ai une mère formidable qui n’a jamais usé de violence pour me faire entendre raison. J’espère que votre petit garçon pourra intégrer une école qui lui convienne.

  17. je te conseil de lire trop de stimuli pour Alexis j’ai moi même un hypersensible enfin je dirai deux puis ce que c’est papa qui a offert ça petit bébé
    trop de stimuli pour Alexis est vraiment super

  18. Bonjour,
    Quatre ans de combat acharné pour ne pas en arriver à déscolariser notre fils. Ce qui aurait bénéfique, c’est de ne jamais le confier à des gens qui l’obligerait à rentrer dans le moule. Des professionnels qui nous ont encouragés à recourir à la violence physique.
    Il a aujourd’hui 8 ans et prépare son entrée en sixième. Où que nous nous soyons tournés, soi-disant super associations comprises, nous avons été confrontés au jugement et à l’incompréhension. Parents de haut potentiel, hauts potentiels nous-même ayant largement foiré leurs études car jamais pris en compte et incapables de rentrer dans ce p***** de moule…La meilleure façon de faire face est d’écouter son instinct. J’ai décidé de mettre à profit mon expérience et ma ténacité dans une association (une vraie, pas un truc de bobos qui a déjà les moyens financiers donc techniques et le poids nécessaire à la prise en compte de leur EIP).
    L’école appartient aux enfants, et je suis convaincue que nous pouvons faire en sorte que ce dinosaure de système éducatif s’adapte.

  19. Bonjour,
    évidemment en lisant ce texte, la précocité de cet enfant était flagrante sans jamais être nommée.
    Votre enfant devrait être « bilanté » par une psy qui maitrise la précocité un minimum.
    Connaissez-vous « les tribulations d’un petit zèbre » ? Excellent blog que je vous conseille.
    Quant à l’éducation nationale, vous trouverez dans chaque académie un enseignant dédié à la précocité, fonction des académies, la prise en compte de ces enfants est variable.
    Je suis enseignante et le moule m’a usé, je suis maintenant spécialisée pour les enfants différents. Mes quatre enfants sont EIP, ma fille en 6ème, s’adapte, mes fils un peu moins mais restent pour l’instant bons élèves. Je nourris leur curiosité quand la cloche sonne et pour le reste du temps ils apprennent surtout à vivre avec les autres…
    Courage.

  20. bonjour mon fils a 11 ans et est hypersensible… le texte décrit sa vie et la mienne il n’est pas du tous compris a l’école la maitresse le surnome la victime…je suis fatigué car personne me soutiens ni moi ni mon fils.Que faire le changé d’école? le gardé a la maison? je ne sais plus…merci

  21. Bonjour,
    Je vis actuellement la même chose avec mon petit garçon de 5 ans . J’en entends de toutes sortes depuis 2 ans : inadapté à l’école, pas assez cadré, refus de faire les activités proposés, capable de violence extrême….. et la meilleure de toute ( car c’est la phrase fétiche des enseignants qui veulent se débarrasser d’un élève ) : Il est un danger pour lui et pour les autres.
    Nous n avons pas encore de diagnostique précis. Sa psychométricienne nous a parlé d’ hyper sensibilité, d’un enfant qui n arrive pas à gérer ses émotions, qui n a pas les filtres adaptés, qu un rien touche… mais personne d autres n’a posé de véritable diagnostique malgré le nombre impressionnant de médecin que notre petit garçon a rencontré..

  22. Bonjour,
    Je suis tombée par hasard sur cet article qui m’a énormément touchée, en effet je reconnais dans cet article, en tout point mon petit garçon de 3 ans que l’école ne veut pas comprendre… Il a été diagnostiqué hypersensible l’année dernière et aujourd’hui, nous sommes dans une impasse avec son école, après avoir beaucoup d’efforts de notre côté, il n’y a aucune amélioration puisque de toute façon, il n’y a pas d’effort du côté de l’école pour l’aider à s’adapter… Et nous aussi en temps que parents, nous pensons prendre cette grande décision: école à la maison ou école Montessori… Merci pour cet article.

  23. Moi aussi mon garçon est comme les autres… enfin pas trop… J’ai fait un autre choix. Je n’ai pas retiré mon enfant de l’école mais je suis rentrée dedans… j’ai abandonné ma carrière d’ingénieur pour devenir maitresse et garder un oeil sur tout. Curieusement les profs(qui sont devenus amis ou collègues) sont beaucoup plus tolérants. Je suis une bonne mère… Forcément je suis maîtresse!
    Et maintenant je vois qu’il n’y a aucun enfant comme les autres à l’école tous ont leurs difficultés plus ou moins handicapante pour avoir une vie sociale sereine. Mais je m’aperçois aussi qu’avec une telle diversité on ne peut accorder à chacun toute l’attention et toutes ka tolérance qu’ils méritent chacun. Un enfant qui a une parole ou un geste trop déplacé doit, malgré ses difficultés, comprendre qu’il fait du tort aux autres. Mettons nous à la place des autres parents,ceux qui ont des enfants avec d’autres différences… Il faut comprendre à quel point c’est dur pour eux d’entendre que leur bébé à été mordu ou insulté par un autre. Pour autant je n’imaginerais pas conseiller la fessée aux parents de l’enfant responsable même si pour notre part ça nous arrive d’en user à la maison.

    Mon seul conseil quand à botre choix que je respecte. Ne coupez pas trop votre enfant du monde… sans cette confrontation même penible il aura du mal à affronter la vie plus tard… c’est aussi ce qui motive mon choix d’avoir laissé mon garçon (9 ans) à l’école. Non courage et bonne route dans votre choix d’éducation familiale.

    1. NB: l’hypersensibilite vient souvent avec d’autre cadeaux… Nous c’était livré avec précocité et dyspraxie… On a eu un tarif groupé….

  24. Quand on parle de tolérance,elle devrait commencer à l’école…..être un enfant hyperactif,autiste ou même surdoué…tout ce qui peut nous différencier du commun devient un handicap au quotidien.dans les écoles les instituteurs et professeur ne sont pas formés pour déceler et adapter un comportement.on va mettre un gros scotch sur la bouche d’un enfant pour lui faire comprendre qu’il faut se taire.on aura juste réussi à l’humilier et le traumatiser pour la vie.Certaines personnes n’ont pas leur place dans l’éducation..il est loin le temps des instituteurs par vocation..Biensûr il ne faut pas généraliser mais notre système fonctionne comme ça…. 90%c’est du formatage,si tu rentre pas dans les cases,tu as ta place nulle part.
    Garder son identité pour être soit même,bousculer les habitudes et remettre en question des théories même si on doit nous traiter de fou…..et un jour peut être le monde reconnaîtra notre génie comme pour Albert Einstein.

    je suis l’enfant de cette histoire et J’ai de l’admiration pour cette maman un peu psychologue . je n’ai pas eu la chance d’avoir des parents aussi clairvoyant.

  25. cet article date un peu, mais je le découvre aujourd’hui. Mon petit garçon de 4 ans ressemble énormément au vôtre. L’école est une épreuve pour lui : trop de monde, trop de bruit, tout va trop vite, etc… En revanche, c’est bien sa maîtresse de moyenne section qui a pointé son hypersensibilité, faisant valider son ressenti par le psychologue scolaire. Elle voulait justement lui permettre de se détendre, de trouver sa place dans cette « grande » classe, parmi « tous » ces enfants. Il pouvait fondre en larmes à la moindre remarques (positive ou négative) de la maitresse, rester prostré dans un coin à se mordre la lèvre si son seul copain était absent, etc… Sur conseil de la maîtresse et après avoir lu pas mal de choses sur l’hypersensibilité, nous allons depuis 2 mois maintenant régulièrement chez une pédopsy. et nous constatons déjà des « petites » victoires. La maitresse joue le jeu aussi en essayant doucement mais sûrement de le faire participer, si bien qu’il a même réussi à lever la main pour prendre la parole en classe…. ! une chose inimaginable il y a encore 1 mois. Je pense que l’Ecole est surtout faite de « personnes », et qu’il suffit de tomber sur un instituteur un peu plus concerné ou un peu plus ouvert pour que les choses se passent mieux pour l’enfant. Cela dit nous envisageons malgré tout de trouver une autre école plus « petite » ou avec une méthode différente car notre fils est très lent car très/trop perfectionniste et pas sûr que l’école actuelle le « suive ». Nous craignons qu’il soit largué et se désintéresse de l’école alors qu’il est très curieux de tout et veut tout apprendre et comprendre… Bonne continuation à tous !

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