Super Nanny, Big brother & moi

J’en parlais il y a quelque jours sur facebook. Je ne supporte plus les émissions comme Super Nanny. Pire, je pense sincèrement qu’elles sont néfastes.

super nanny

Oui il m’est arrivé de regarder. Assidûment même. La curiosité humaine, voir comment cela se passe chez les autres. Est ce que les autres enfants crient, est ce qu’il y a d’autres parents qui ne dorment plus, qui ne soufflent qu’entre 3h et 6h. Comment sont les enfants de l’âge du mien. Comment font les autres quand ils sont face à un mur, démunis devant un enfant qu’ils ne comprennent plus. Quand eux aussi ont l’impression d’avoir tout raté, quand ils doutent, quand ils ont envie de pleurer, de partir loin. Et puis j’ai aussi regardé pour me rassurer. Dédramatiser en se disant qu’il y a pire ailleurs, que finalement on s’en sort pas si mal. Oui c’est con, mais qui n’a pas souri en ressentant ça un jour.

Et puis j’ai décidé d’arrêter de regarder autour de moi pour ne voir que mon fils. Nous nous sommes focalisés sur lui, sur ce qu’il est, sur ce que nous voulions être tous ensemble. Et je n’ai plus eu besoin de regarder comment les autres font. Parce que l’essentiel est de savoir ce qui nous convient à nous.

S’écouter, les écouter. Les considérer pour ce qu’ils sont, qu’ils sachent qu’ils sont importants, que leur parole compte. Les écouter pour leur donner confiance, qu’ils sachent qu’ils peuvent dire, parce qu’ils sont entendus et que leur parole a de la valeur. Chacun a le droit de dire Non. On a tous le droit de ne pas vouloir, de ne pas comprendre. Ho non ce n’est pas toujours rose, il y a des conflits, des malentendus, de la fatigue, des Pas envie, des mauvaises têtes. Mais on ne tourne jamais le dos, il y a toujours des minutes à perdre pourvu qu’elles soient là pour réconcilier, pour écouter et apaiser.

L’éducation que nous avons mis en place se construit tous les jours. Aujourd’hui je sais que nos choix sont les meilleurs parce que ce sont les nôtres.

Pourtant il y a quelques jours, après un film, nous avons zappé sur l’émission Super Nanny. J’ai regardé. Pas pour voir comment cela se passe chez les autres, je sais aujourd’hui que ce qui compte c’est nous. Aujourd’hui que je convaincue de ce qui est bien, que je défends l’éducation non-violente, que je me révolte fasse à l’agressivité quotidienne à l’encontre des enfants, j’ai regardé pour savoir comment la société d’aujourd’hui, à l’heure des campagnes contre les violences domestiques, considère l’éducation des enfants. Qu’est ce qu’il est convenable de faire ? Comment le parent doit il se comporter ? A quoi ressemble un enfant pour notre société ?

Et qu’elle déception. A quoi je m’attendais finalement ? Suis-je suis idéaliste ? Notre quotidien dans l’éducation non violente serait il une utopie ? Pourtant ça fonctionne, je le vois tous les jours. Mais apparemment nous sommes encore trop peu à y croire, ou à le vouloir ?

Lorsque que je regarde l’émission, je suis triste pour cette famille qui ne se comprend plus, qui ne prend même plus le temps de s’écouter. Des parents qui n’arrivent pas à savourer le quotidien, qui n’éprouvent plus aucun plaisir à passer du temps avec leurs enfants. Des enfants qui n’arrivent pas à exprimer leurs émotions, de la tristesse, des incompris. A ce moment, plein de conseils s’entrechoquent dans ma tête. Je revois des crises que nous avons pu calmer par quelques mots, des conflits désamorcés. Alors j’attends. J’attends que cette femme qui se dit Nanny, celle qui dit connaître les enfants donne des clés à ces parents en détresse. Mais rien. Ou plutôt si, une excellente méthode de dressage. Parce qu’il s’agit bien ici de dressage. L’enfant est l’ennemi et on doit tout faire pour le « remettre à sa place ». L’enfant doit comprendre. L’enfant ne doit pas. L’enfant ne peut pas. Des ordres encore et toujours.Des règles, de la discipline. A aucun moment on a demandé à l’enfant ce qu’il pouvait ressentir. A aucun moment on a pris l’enfant dans les bras pour lui demander pardon. L’enfant lui par contre doit demander pardon. Il ne doit pas bouger. Il doit faire comme on lui dit. Il ne peut pas ne pas être d’accord, ce ne serait pas convenable, l’enfant ne peut pas donner son avis. Ce sont les parents qui prennent les décisions. Les enfants agissent une fois l’ordre donné. Les règles sont strictes, elles sont données, sans explications ni débat. C’est la dictature du parent dans laquelle l’enfant doit se fondre sans trop de relief. Ne pas oublier sa place de petit Homme, assez important pour que lui établisse des règles mais pas encore assez pour qu’on lui laisse la parole.

Mes enfants sont comme les autres enfants. Mes enfants, se chamaillent, ils se battent parfois, ils ont mordus, ils se sont jetés par terre avec le malheur du monde sur les épaules pour un tour de vélo trop vite terminé, ils ont pleuré parce que je n’ai pas voulu qu’ils mangent un chocolat avant d’aller au lit. Non il ne nous est pas plus facile que pour les autres de suivre une éducation non violente. On a simplement choisi de vivre dans une sphère d’écoute et de respect de chacun. Nous sommes tous égaux. On parle beaucoup, vraiment beaucoup. On explique encore et encore, et non ce n’est pas du temps de perdu. Quoi de plus frustrant et déstabilisant que l’incompris ?

Si mes enfants ont envie de crier. S’ils ont envie/besoin de jouer bruyamment, et que cela me dérange. Parce que je suis fatiguée, au téléphone, que je dois travailler … Le fait qu’ils crient me dérangent moi et moi seule. Oui je pourrai crier aussi, me mettre en colère, énervée, blasée de répéter pour la centième fois que s’ils veulent crier c’est dans leur chambre. Je pourrais les punir, les séparer chacun dans leur chambre. Enfin au calme. Mes enfants tristes et seuls. Ou je pourrai prendre conscience que la situation ne dérange que moi. Que si je dois travailler, téléphoner, si je suis malade ce n’est pas de leur faute. Je pourrai plutôt choisir de leur expliquer que leurs cris me gênent, que le bruit m’empêche de me concentrer, un peu comme quand ils lisent un livre au calme. Je leur demanderai de bien vouloir jouer dans une chambre où ils pourront crier comme ils veulent. Enfin au calme. Mes enfants jouant dans leur chambre. Appliquer cet état d’esprit a considérablement réduit les tensions chez nous, je conseille cette approche à tout le monde. Nous considérer tous à la même hauteur.

Il y a tant de choses que j’aimerai dire à ces familles. Tant de conseils. Mais le premier serait Éteignez votre télé, regardez vous les uns et autres et surtout, écoutez vous.

Et pour vous Super Nanny, je ne pourrai que trop vous conseiller certains livres de ma bibliothèque, comme I.Filiozat par exemple. Et par pitié arrêtez ce débit incroyable de conneries à la minute digne du Guinness Records !

XOXO

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14 commentaires sur « Super Nanny, Big brother & moi »

  1. J’y pensais …dés la première fois où j’ai regardé cette nouvelle mouture de super nanny après le décès de l’autre ( je ne me rappelle pas son nom , désolée), j’ai été choquée …Et je me suis dit : que vont devenir ces enfants (et même ces parents) dans le futur ? Une enfant d’au moins 7 ans qui pleure a chaudes larmes et qui est expédiée dans sa chambre et en prime s’entendre dire ,que les caprices ça ne prend pas , que ses larmes n’impressionnent personne ….moi , elles m’ont impressionnées : il y avait tellement de douleurs intérieure…Mais comme vous dites : l’éducation non violente aura du mal a se mettre en place et encore moins quand des parents blasés regardent cette émission et se rassurent du coup : tu vois , chérie, qu’on a raison : il faut le mater , c’est Nanny qui le dit ( et elle a de l’expérience …?!)…pauvre de nous …

    1. bonjour, enfin, quelqu’un qui pense comme nous, les mamans d’un groupe créé contre cette émission : fb contre « l’émission super nanny » et aussi,une pétition à signer, faire tourner, partager !!! et puis aussi, Edwige Antier à qui j’ai écrit pour lui demander de faire quelque chose… merci super maman !!! oui, observer ses enfants, écouter leurs sentiments, leurs besoins, leurs colères, leurs joies et faire avec nos coeurs, nos tripes, nos valeurs pacifiques !!!
      https://secure.avaaz.org/fr/petition/Conseil_Superieur_de_lAudiovisuel_Supression_des_emissions_SUPER_NANNY_et_les_NANNIES/?copy

      http://lafrancedanstoussesetats.eklablog.com/super-nanny-super-punir-a106074626

  2. Oh comme je suis d’accord avec toi ! D’ailleurs, à chaque fois que je zappe sur cette émission (oui, ça m’arrive, j’avoue), tous mes enfants en « rigolent » en s’écriant : « Mais Maman, pourquoi tu regardes ça, ça va encore t’énerver »…Hors blague, je suis triste, en colère devant cette femme, enfin ce concept, qui « apprend » aux parents démunis, à bout de ressources, que la solution est le contrôle, la rigidité, et la violence affective. Alors, de mon côté, à ma moindre mesure, j’essaie de toutes mes forces, de toute ma (petite) expérience de transmettre et soutenir les parents. Par le biais de mon blog, de l’association de soutien à la Parentalité dont je fais partie, etc… Je partage ton article. Et merci .

  3. je n’ai pas le souvenir ue l’ancienne super nani était comme ça !!
    là j’ai regardé elle hurle sur les enfants les menaces se moquent d’eux les exclus sans aucune eplication si ce n’est de devoir obeir à ses parents … elle est nae

  4. Je me souviens avoir regardé quelques épisodes de l’ancienne version. A l’époque j’étais sans enfant, je n’avais pas vraiment d’opinion sur l’éducation et dans l’ensemble je trouvais ses idées bonnes. Je me souviens de moments où elle remettait en effet les enfants « à leur place » et posait fermement des limites, ce n’était pas un modèle d’ENV, certes, mais ça ne me semblait pas non plus être très rude ou irrespectueux envers les enfants. Visiblement la nouvelle version est bien différente….

  5. Je pense tout à fait comme toi et à la maison aussi j’ai fait la choix de la non-violence avec MisterBB (encore trop souvent associé au laxisme…). C’est fou comme finalement, on trouve tout à fait normalement de faire à un enfant ce qu’on n’oserait jamais faire à un adulte…
    Mon post de demain sera justement sur ce thème et je l’ai appelé « C’est qui le chef? »!

  6. Je ne suis pas encore maman mais j’espère l’être bientôt et j’espère pouvoir suivre votre exemple. Moi aussi cette émission me choque alors même que je ne suis pas maman. Elle crie, menace, fait du chantage … Et encore, j’ai regardé les premiers épisodes de ce nouveau modèle de Super Nanny, à l’époque il y avait cette dame et une jeune femme qui était « spécialiste des petits » et c’était pire que maintenant… J’ai été choqué par une petite fille de 2 ou 3 ans, qu’on a forcé à se coucher d’un coup et a qui on a éteint toutes les lumières. La petite qui n’avait visiblement pas envie de dormir comme ça, d’un coup, à allumer une veilleuse et a pris un livre comme un adulte pourrait le faire pour trouver le sommeil. Et là cette femme est arrivée, l’a grondé, lui a confisqué tous les objets autour du lit (livre, jouet, poupée) et a laissé cette petite fille en pleure dans son lit, dans le noir, jusqu’à ce qu’elle s’endorme … Je suis restée devant l’émission, choquée … Même mon conjoint a été choqué … A force de lui parler de mes lectures sur l’éducation bienveillante, ça doit lui rentrer dans la tête et c’est tant mieux ! Espérons que l’éducation bienveillante fasse son petit chemin et qu’un jour on ne voit plus ce genre d’émission …

  7. Cathy, l’ancienne Nanny, était aussi un peu sévère, mais pas autant que la nouvelle. Et surtout, parallèlement aux moments de sérieux pour se faire entendre des enfants, elle savait prendre le temps de les écouter, de leur expliquer gentiment, de leur accorder de l’importance.
    Lorsque je regardais son émission, j’étais sans enfants. Elle m’a donné certaines clés dont j’ignorais l’intérêt (se mettre à leur hauteur pour leur parler, leur donner le droit de s’exprimer même si c’est en désaccord avec moi, leur expliquer pourquoi je dis « non » a cette demande (mes parents, c’était plutôt : »non c’est non, tu ne discute pas et je n’ai pas de raison à te donner)).

    Avec mes enfants, jsuis une non violente. Mon fils de bientôt 5 ans est une pile électrique, il a soif de jeux, de connaissances, de relationnel, il n’aime pas jouer tout seul. Il nous sollicite beaucoup et tout le temps. On m’a parfois dit que j’étais fautive : « si tu ne lui avais pas donné autant l’habitude de jouer avec lui, il ne serait pas autant après toi ! Maintenant, il va falloir sévir si tu veux avoir la paix… » C’est ce que ferai la nouvelle nanny, elle le materai, elle l’enverrait jouer dans sa chambre, seul et malheureux.
    Mais moi je ne veux pas avoir la paix ! J’aime jouer avec mon fils. Même si parfois nous en sommes fatigués, même si son père et moi aimerions juste nous asseoir dans le canapé ou faire à manger tranquillement, je ne changerai rien dans ma façon de faire, car grâce à cela notre fils est un enfant vivant (on se dit souvent : « je préfère quil soit comme ça plutôt qu’un enfant-meuble) et c’est un réel plaisir de le voir s’épanouir. Grâce au temps que nous lui accordons, il vit parfaitement bien l’arrivée de sa petite sœur, il ne se sent pas délaissé et n’en est donc pas du tout jaloux. Il l’adore même !

    Nos enfants sont de petits hommes, et tout comme les grands ils ont le droit de parler, de crier, de renier. Ce n’est pas notre rôle à nous, adultes, de les mettre dans le moule qui en fera des bêtes sans volonté ni réflexion, juste pour avoir un peu de tranquillité !

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