♥ Une histoire d’éducation bienveillante ♥

(source : getty images,© Jay Blakesberg )Pour beaucoup, l’éducation non violence est un concept difficile à cerner. Certain pensent qu’il ne s’agit que de vivre sans violence éducative, sans crier, en répétant les choses encore et encore. Pour d’autres tout ces livres et concepts semblent inaccessibles … Et trop nombreux encore croient que c’est un monde où l’enfant est roi et ne connaît aucune autorité.

Je me suis alors dis que pour vous parlez d’éducation non violente, d’éducation positive, le mieux serait de vous raconter quelques scènes de notre quotidien. Des petits moments qui représentent cette façon de voir la vie de famille et l’éducation des enfants. Vous racontez les conflits, les pleurs, les câlins mais aussi comment l’éducation bienveillante amène l’enfant vers son autonomie et l’ouverture au monde à son propre rythme.

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Hier soir, Miss Little a fait un cauchemar. Elle nous a sorti du sommeil avec des hurlements et des pleurs qu’elle n’arrivait pas contenir.Nous l’avons vraiment senti dépassée. Naturellement je l’ai prise avec moi dans mon lit, elle s’est apaisé et s’est mise à téter. Au milieu de la nuit, mes yeux se sont très vite refermés, mais pas les siens. Elle tétait encore et encore, et je n’ai pas réussi à retrouver le sommeil. Prise entre fatigue et agacement je lui ai calmement expliqué qu’il fallait qu’elle dorme, qu’elle pouvait rester près de moi, mais qu’elle ne pouvait plus téter parce que moi aussi j’ai besoin de sommeil.

Sa réaction ne s’est pas faite attendre. Elle s’est raidie et est rentrée dans une grosse colère. Elle ne voulait plus de mes bras, plus de mes caresses. Elle s’est mise à crier et à tout repousser. J’ai eu très mal au coeur de la voir réagir ainsi. Et au milieu de la nuit, on a très vite envie de hausser le ton pour que cela cesse immédiatement. Entre la fatigue et la peur de réveiller tout le monde, l’impatience et l’agacement arrivent rapidement. Lorsqu’en plus de tout cela l’enfant nous repousse, on peut se sentir vexé et perdre toute logique dans notre réaction. On pourrait alors avoir envie de taire les cris en laissant l’enfant pleurer dans son lit, dans sa chambre. Crier nous aussi, finir par lui faire peur, et se rendormir en état de tension.

Je ne l’ai pas forcé à venir contre moi. Je ne lui ai pas non plus donné le sein. Elle était malheureuse, en colère et elle en avait le droit. Il me fallait alors la rassurer et l’accompagner à s’endormir, qu’elle sente que je ne l’avais pas repoussé en lui disant Non. J’ai d’abord posé ma main délicatement sur son dos sans la brusquer. Je lui ai caressé le dos doucement, sans forcer mon geste. Petit à petit les cris se sont arrêtés, puis il n’y a plus eu de pleurs. Elle s’est apaisé doucement. Au bout de quelques minutes elle a tourné sa tâte vers moi, les yeux fermés. Elle s’est rapprochée un peu de moi, a serré sa poupée contre elle et s’est endormie.

Il n’y a pas eu de vainqueur ni de perdant. Personne n’a pris le dessus sur l’autre. J’ai simplement accepté que sa colère était légitime. Je n’ai pas considéré que ses émotions étaient moins importantes que ma fatigue.

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6 commentaires sur « ♥ Une histoire d’éducation bienveillante ♥ »

  1. Je crois que le plus dur c’est de commencer à aborder les problèmes et tensions autrement.
    Ensuite on voit que ça marche et que c’est mieux pour tout le monde alors pourquoi ne pas continuer ?!

    Merci pour tes témoignages, ça aide beaucoup.

  2. Pas de gagnant pas de perdant, c’est cet esprit de collaboration que je recherche et que j’essaie de proposer au quotidien avec les enfants (et avec Mister bonheur aussi, au passage). Pas toujours facile, mais tout le monde vit mieux les situations délicates ainsi

  3. Pas de gagnant pas de perdant, c’est cet esprit de collaboration que je recherche et que j’essaie de proposer au quotidien avec les enfants (et avec Mister bonheur aussi, au passage). Pas toujours facile, mais tout le monde vit mieux les situations délicates ainsi

  4. La description de la scène de réveil nocturne avec la peur de réveiller tout le monde, la fatigue… c’est exactement ce que je vis ces derniers jours et c’est très dur de ne pas hausser le ton en effet. Je tente de tenir et ton article m’aidera certainement au prochain réveil, quand j’aurai envie d’exploser, de laisser tomber, de LE laisser-tomber pour aller me recoucher. Merci!

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