Grandir sans violence, ne veut pas dire sans règles

S’il y a bien une chose que je supporte de moins en moins, c’est l’amalgame que font certaines personnes entre absence de violence éducative et absence de règles. Là où il n’y a pas de violence éducative il peut y avoir des règles.

(source: getty images)

Très simplement, je vais vous parler de notre quotidien, comment cela fonctionne chez nous. Parce que c’est selon moi le meilleur chemin, j’ai choisi de lutter tous les jours contre la violence éducative (cris, tapes, chantage, langage, menaces …). Ce n’est pas simple tous les jours, et certaines situations sont plus faciles que d’autres à gérer, mais nous essayons toujours d’avancer vers le meilleur. Mais pour que cela fonctionne, pour que tout le monde s’y retrouve, nous avons mis en place des règles de vie. Ces règles de vie ne sont absolument pas négociables, elles sont connues de nous parents ainsi que des enfants. Elles ont été maintes et maintes fois expliquées, et le seront encore sûrement plusieurs fois. Ces règles de vie sont celles de la vie de tous les jours, elles s’appliquent à la maison, mais aussi à l’extérieur.

Mais lorsqu’un de mes enfants tape, je ne vais pas le taper. Lorsqu’un de mes enfants crie ou se met en colère, je ne vais pas crier. Lorsqu’un de mes enfants refuse de prêter un jouet, je ne vais pas m’énerver et le punir. Pour autant, je ne vais pas fermer les yeux. Je vais prendre le temps de comprendre la situation. Lorsqu’il y a un conflit, je demande à chacun de m’expliquer ce qu’il se passe. Souvent, un poil de diplomatie et de bon sens suffisent à décanter la situation. J’abandonne très souvent quelques minutes de tranquillité pour expliquer encore et toujours qu’il ne faut pas faire mal à l’autre lorsque l’on est en colère. Que l’on a le droit d’être en colère, mais que les autres ne doivent pas en faire les frais. Tout comme moi, quand je suis épuisée, que mes nerfs sont sur le point d’exploser, je dois apprendre à me contenir et ne pas exploser au moindre cri d’un de mes enfants.

Et si vraiment ils dépassent les bornes ? Si on en arrive au point où la communication n’est plus possible ?

En général cela n’arrive pas. Par exemple, lorsque mon aîné se met dans une grosse colère, je lui demande de partir s’isoler dans sa chambre. La colère est une émotion que tout le monde à le droit de ressentir, mais il doit apprendre à la canaliser. Je n’ai aucune envie (ni patience parfois) d’entendre hurler ou crier sans pouvoir discuter. Prendre le temps de faire redescendre la pression est la meilleure astuce que j’ai trouvé pour désamorcer les conflits. Ensuite, on parle, beaucoup. Chacun peut dire ce qu’il a sur le cœur, ses désaccords, ses incompréhensions.

Pour autant il arrive que l’on veuille marquer le coup. Parce que la bêtise a pu être dangereuse, ou parce que cela fait au moins 100 fois que l’on répète encore et encore que non, « on ne peut pas … » . En général je choisis une tâche ménagère à leur portée (en plus de leur participation normale), ou ils font un dessin, une dictée muette sur le sujet, un mot d’excuse … L’essentiel est qu’ils prennent ce temps là pour reflèchir sur ce qu’ils ont fait.

Parfois on me dit que je suis dure, sévère. Sans doute pour une chose que peu de personnes comprennent. S’il n’y a pas de punitions arbitraires, il n’y a pas non plus de récompenses. Je m’explique.

Avoir un bon comportement est quelque chose que je juge normal, il ne s’agit donc pas de le récompenser. Je ne vais certainement pas récompenser Little E parce qu’il a passé une journée sans taper (oui en ce moment c’est sportif avec Little E …). Je vais lui dire que je suis fière de lui, que je sais qu’il fait des efforts et qu’il apprend, mais rien de plus. Je ne fais pas de chantage au jouet ou au bonbon. Je ne prive pas mes enfants de dessert (manger c’est vital et en aucun cas une récompense ni une punition). Mais je peux acheter un jouet à mes enfants pour leur faire plaisir, juste pour leur faire plaisir. Cependant, nous félicitons tous les apprentissages. Je le dis haut et fort qu’un dessin est joli, que Miss Little a réussi une construction en Lego, que Grand Little a su déchiffrer une phrase seul ou que Little E a réussi un puzzle un peu plus compliqué que le précédent.

Alors oui il y a des règles de vie chez nous. Non ce n’est pas la politique de l’enfant roi. C’est la politique de l’échange et de la communication.

 

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3 commentaires sur « Grandir sans violence, ne veut pas dire sans règles »

  1. Je dois l’avouer pour moi avant de découvrir ce blog,ce genre propos me faisaient penser à ces gamins insupportables qui vous marchent sur les pieds, vous interrompent 10 fois et sont infectent le tout sous le regard attendri de leurs parents.
    Et pourtant en te lisant je suis à 10 000% d’accord avec tes propos… J’espère arriver à cela lorsque mes grumeaux seront là et qu’ils me feront tourner bourrique 🙂

  2. Je suis bien d’accord! Pas facile de toujours prendre sur soi et etre diplomate jusqu’au bout des ongles 24H/24 mais j’essaye! et il faut dire qu’aujourd’hui je ne sais si j’ai eu une fille plutot facile ou si c’est cette éducation qui fait ses preuves? en tout cas c’est bien tous les jours que ça se construit !

  3. je trouve ton article super. Par contre à mon sens un gros manque : tu parles de règles, mais quelles sont-elles…? Le billet serait plus complet avec cette clarification.

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