Le temps d’un instant

Il y a cet instant où je peux les aimer comme les détester. Cet instant où je voudrai tout mettre sur pause, regarder autour de moi, prendre le temps de m’écouter respirer, refaire la mise au point sur l’essentiel, respirer encore et seulement alors appuyer sur lecture.

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C’est cet après midi où je suis plus fatiguée que d’habitude et 1001 choses à faire. Cet après midi qu’elle a choisi pour ne pas faire de sieste, réveiller 100 fois sa sœur, démembrer 1000 fois ses Pin y pon et me demander 1000 fois de les ré-assembler. C’est ce moment précis où je sens la pression monter qu’elle choisie pour me demander encore de visser la foutue tête de son P**** de Pyn y pon. C’est ce moment où elle m’oppresse, où tout ce travail me semble interminable avec ses cris en fond sonore . C’est à cet instant que je ne sais plus si je l’aime où si je la déteste.

C’est cette soirée où ma série préférée passe à la télé. Parce que c’est ce soir là qu’ils décident tous de ne pas dormir. C’est ce soir là que la dernière va refuser de quitter les seins. C’est ce soir là que l’homme va choisir pour aller au sport. C’est ce soir là que Little E va renverser un verre d’eau dans son lit, que sa sœur va pincer le grand, qu’elle va sortir 50 fois de son lit et qu’elle va se cogner 50 fois contre la table de nuit. Ce soir là que je ne vais pas retrouver l’arnica et finir par donner 1 granule de Passiflora en guise placebo. C’est ce soir là qu’une amie va se vexer que je ne réponde jamais au téléphone. C’est ce soir là que le grand va choisir pour déclarer la gastro. C’est pendant cette soirée que l’espace d’un instant je ne sais plus si je les aime ou les déteste.

C’est au cours d’un samedi ou je suis seule avec eux. Un samedi peut être un peu plus gris, ou bien c’est le réveil qui a sonné trop tôt. Un samedi où il n’y avait plus assez de Nutella pour tout le monde. Un samedi où j’ai oublié de déjeuner, où j’ai réchauffé 10 fois mon café qui a fini par terre sur les chaussons de l’aîné. Un samedi où j’ai dû manger des fins de nuggets le midi et où je me suis fait voler ma gaufre au goûter. Un samedi où quelqu’un a sonné à l’heure de la sieste. Un samedi où l’homme devait finir tôt et puis en fait plus tard. Un samedi où à 14h le RGO de la dernière était venu à bout de tous mes fringues propres. Un samedi où le temps d’un instant, assise sur les restes du massacre de Playdoh, entre 2 larmes, je n’ai plus su si je les aimais ou les détestais.

Il y a les jours avec, les jours sans. Il y a ceux où j’ai besoin de faire la listes des bons souvenirs. J’ai besoin de me rappeler des doux moments, et soudain je me surprends à ne pas pouvoir imaginer la vie sans eux.

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18 commentaires sur « Le temps d’un instant »

  1. Il y a des jours où on se demande POURQUOI, oui pourquoi on a voulu des enfants rapprochés mais tu le dis si bien, on les regarde et la vie est tellement riche avec eux. J’arrive enfin dans une période où ce quotidien est moins étouffant, moins intense et j’apprécie vraiment. Si je pouvais revenir en arrière, j’aimerai leur offrir plus de patience. Des bises et merci pour ce joli billet.

  2. Bonjour,
    très touchant ton article…
    Je ne peux me mettre à ta place car je n’ai qu’un bébé de 9 mois…Pourtant hier soir, j’ai craqué…Une remarque de mon mari qui n’était pas enthousiaste face à la quiche au thon que j’avais préparé et tout bascule…La goutte d’eau…Car certes, il travaille tard mais je gère le bébé toute seule, toute la journée et en ce moment, c’est vraiment pas simple..Elle ne fait plus ses nuits, elle me réveille toutes les 2h, les siestes sont de maxi 1h quand elle veut bien en faire..J’arrive à la faire dormir dans notre lit à 21h30, puis je descends préparer le repas car mon mari rentre vers 22h30, parfois 23h et que je l’attends pour manger…Alors, oui, cette tête qu’il a fait, limite dégoutté de ma quiche préparée avec amour, je l’ai très mal pris..
    Une discussion qui finit par des « j’en peux plus »…J’adore notre enfant, je l’aime…mais parfois je la déteste…Tout comme toi…
    Bon courage….

    1. Scène déjà vécue plusieurs fois! De temps en temps, je ne prépare rien et là, il se rend compte que oui, préparer le repas, c’est du travail et cela se respecte.
      Tout comme garder un enfant toute la journée, c’est du travail! Ne pouvoir rien prévoir car les horaires de bébé changent en permanence, c’est aussi très épuisant à la longue.
      Bonne journée!

  3. Je me retrouve dans ton billet que j’aurais pu écrire ! Ce sont toutes ces petites gouttes d’eau accumulées qui peuvent faire basculer une journée dans la joie ou dans la fatigue, le ras-le-bol. Courage pour ces instants !! Les blogs nous permettent aussi de prendre le temps, parfois, de repenser juste aux moments de grâce.

  4. j’aurai pu l’écrire cet article, c’est pas tous les jours faciles la vie de maman mais au fond on aime ça avec les bons et mauvais côtés 🙂
    Belle journée

  5. merci …
    un peu fatiguée parfois de tous ces blogs de mamans parfaites, çà fait du bien de lire que chez les autres aussi, parfois, ce n’est pas si parfait, ce n’est pas « que du bonheur », et que parfois, pendant une seconde, se demander si on les aime, çà n’empêche pas d’être une bonne maman

  6. Rajoute à tout ça une grosse charge de boulot, enlève deux enfants et voilà dans quel état je me sens. Des fois ils sont de trop, des fois je ressens leur manque. L’amour maternel est définitivement schizophrène… Des ❤

  7. Il y a alors ces jours, où l’on découvre que nous ne sommes pas les seules, ces jours où on se dit « Oh, elle aussi… » Ces jours où la fatigue est trop présente pour contenir ses larmes à la lecture de ces mots… Cet instant où je me dis à quel point être maman, partiellement ou à plein temps est éprouvant et merveilleusement enrichissant…
    Si nous pouvions appuyer sur pause, on passerait quelques instants loin d’eux. Mais le temps s’écoule sans cesse, et jamais, jamais, jamais, on ne les laisserai loin de nos yeux, aussi cernés et mouillés soient-ils…
    Je suis de tout coeur avec toi, Gwen, malgré mon effectif 2 x plus petit que le tien… 😉

  8. Parce que le manque était trop fort j’ai décidé d’avoir un bébé.Et puisque la vie de me donnait pas l’amour je le ferai toute seule ce bébé. Oui mais voilà la vie certainement pour ce rattraper m’en a donné 2 des bébés!!!!!
    Ils ont rempli ma vie de sourires,de douceur, d’une tendresse infini mais aussi de cris et de pleurs.
    Et quand ma fille,ma jolie princesse du haut de ses 4 mois décide que ce soir elle va hurler sa colère alors que moi j’ai décidé de boire un coup avec mes copines que je n’ai pas invité depuis des mois et bien tu hésites  » je l’aime mais là…. »
    Et quand mon fils,mon prince de la zénitude décide que finalement lui aussi il a bien envie de hurler sa colère,son besoin de calins, le jour où moi j’ai décidé de faire la sieste et bien « je l’aime mais là… »

    Je les ai tellement attendu et pourtant des fois… Mais c’est juste des fois,parce que le reste du temps je les aime à la folie,passionnément…
    Merci pour ce joli texte,ça fait du bien de se sentir moins seule avec ses émotions de maman 🙂

  9. merci de pouvoir lire ça en ces moments difficiles ! mon fils était si zen et maintenant âgé de 8 mois c’est des caprices à chaque fois que je le pose au lit et c’est dur même si je l’aime plus que tout , y a des soirs ou j’en peux plus ! alors quand on entend  » a moi le mien, il a toujours dormi, il n’ a jamais fait ça » y a de quoi se remettre en question …. être maman c’est pas si simple mais qu’est ce qu’on les aime nos bébés !!!!!

  10. Très beau texte je mis retrouve dans cette ambivalence
    être maman un métier bien compliqué sans mode d’emploi si ce n’est nos sentiments et surtout chaque enfant est différent et donc le « mode d’emploi « aussi!
    Courage

  11. Rassurée… merci, on entend pas souvent ces mots qu’on essaye de se cacher à soi-même et aux autres. Mais la vie, la vraie, c’est ça (en tout cas la mienne y ressemble)

  12. Que cet article me parle…surtout en ce moment ou le temps défile si vite. Avoir l’impression de dire et faire les choses un million de fois. Avoir l’impression d’être un robot. C’est parfois si épuisant…moi aussi j’aimerai parfois être plus patiente.
    Je relativise un peu à la lecture de ton article.
    Merci

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