arrêtons de vouloir être parfaits, soyons nous mêmes

Je triais mes livres l’autre jour, et devant la pile la plus haute je me suis interrogée « comment en es tu arrivée là Gwen ? ». A vrai dire, je me suis même mise à rire, « sois honnête, est ce qu’un seul de ces bouquins t’a aidé à sortir la tête de l’eau un jour ?? » … non. Pour autant que je sache je n’ai jamais eu « la tête dans l’eau », mais je me suis posée mille et une questions existentielles, comme n’importe quel parent novice. Aujourd’hui, après 8 ans et 4 enfants, me voilà avec une bibliothèque sur la parentalité bien fournie. Ajoutez à cela les bouquins et manuels scolaires sur le développement physio-psychologique de l’enfant, et vous obtenez un joyeux cocktail de névroses parentales.

Mais la question persiste, « comment en suis je arrivée là ? ».

Il y a 8 ans je devenais maman, je choisissais d’allaiter sans jamais avoir vu une femme le faire seulement sur les tableaux de mes livres d’histoire. Je décidais de dormir avec mon bébé parce que cet enfant ne dormant que dans mes bras, il me fallait bien dormir à mon tour. Devant les regards surpris et interrogateurs je compris rapidement que le mieux était de faire sa petite soupe dans son coin, après tout, mes choix de mère ne regardait que nous trois. Il y a 8 ans un chuchotement sur « la parentalité autrement » s’élevait doucement, mais nos grands-mères étaient pour autant toujours à la barre.

Et puis un vent de rébellion s’est réveillé. On a commencé à écrire des livres, on a ressorti des travaux oubliés, les curieux ont jeté un œil chez nos voisins, et le constat fut étourdissant : il nous fallait tout revoir. De livres à la mode en vitrine 2.0 de parent parfait, nous avons cheminé vers une nouvelle parentalité. Nous avons tous croisé au moins une fois les termes « communication non violente »et « éducation positive ». Les jouets Montessori sont au top des ventes, et Filliozat est sur toutes les tables de nuit.

Me voilà donc aujourd’hui avec tout ces livres sur la parentalité, l’éducation positive, ces livres qui me disent comment être un bon parent, comment comprendre mon enfant, comment agir avec lui, comment faire s’il fait une crise, comment lui dire non, comment le faire dormir …. Je suis une mère de 4 enfants assises au milieu de piles de livres qui me disent comment être une mère.

Alors j’ai ri. J’ai ri parce que je me suis rendue compte que je n’avais jamais eu besoin de tout ça. Bien-sur, tous ces livres je les ai lu. Je suis adepte de l’éducation positive, avec mon mari nous avons toujours considéré nos enfants comme nos égaux, sans rapport de force. Je joue beaucoup avec mes enfants, je suis aussi convaincue que l’enfant est l’acteur principal de ses apprentissages, le parent est juste là pour le guider. Qu’un enfant que l’on écoute sera un adulte qui écoutera. Mais j’ai ri. Parce que tout ça, c’est ce que je suis. Tout cela, je le savais déjà. Je me suis convaincue que tous ces livres allaient m’apprendre ce que j’étais déjà. Bien évidemment toutes ces lectures m’ont rassuré sur le chemin que nous prenions, mais petit à petit ils se substituent au naturel pour devenir des manuels de conduite.  Malheureusement un manuel de conduite,aussi bienveillant puisse t-il être ne prend pas en compte l’élément essentiel de l’équation, le lecteur. Hors ici le lecteur est un parent, un parent avec son histoire, sa fatigue, ses émotions. Un parent assis au milieu d’une pile de livres, qui recherche en vain la solution aux pleurs de son enfants, aux colères, à tout ce qui fait l’enfance et ses interrogations.

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Alors j’ai envie de vous dire, lisez, inspirez vous, échangez, discutez avec vos amis, parlez quand ça ne va pas … mais ne perdez jamais de vue que ce qui compte c’est vous. Vous seuls êtes les parents de vos enfants. Écoutez vous, écoutez les. Alors si vous pensez que manger un fastfood devant la télé en pleine semaine ça ne se fait pas, faites le. Si à cet instant précis vous sentez que c’est qu’il faut faire, que c’est ce qui va vous « sauver » de la crise de nerf, faites le. Mettez vous sous le plaid avec vos enfants, et mangez un fast-food devant la télé. Si vous avez besoin de dormir avec votre bébé, faites le. Même s’il dort bien dans son lit, même si c’est juste parce que VOUS vous n’arrivez pas à détacher votre regard de lui, prenez le. Si vous n’aimez pas jouer, ne jouez pas, vous avez sûrement d’autre talent à faire découvrir à vos enfants. Votre enfant ne semble pas connaître le mot « non », il n’est sûrement pas le seul; échangez avec vos amis, souvenez vous de l’enfant que vous étiez. Prenez du recul et ne cherchez pas l’enfant parfait, la perfection appartient au regard de celui qui la voit. Prenez tous les outils dont vous sentez avoir besoin, mais n’oubliez jamais votre libre arbitre. L’essentiel restera toujours vous et votre enfant.

Je ne connais pas les nuits blanches ni les colères au supermarché. Mes enfants sont bien loin de convenir aux cases de la société mais ils sont bienveillants avec ceux qui le sont envers eux. Des astuces pour alléger les esprits et le quotidien j’en ai à la pelle. Pour autant,  je n’ai pas la solution parfaite, j’ai celle qui convient à ma famille.

Ce que je garde dans ma bibliothèque :
               

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10 commentaires sur « arrêtons de vouloir être parfaits, soyons nous mêmes »

  1. Des bouquins sur la parentalité, j’en ai quelques uns et je me demande bien pourquoi. Je les ai à peine lus … Je déteste ça en fait. C’est comme tous les trucs sur le développement personnel. J’ai toujours tout fait à l’instinct (sauf peut-être mon 1er allaitement) et selon mes enfants (et moi aussi).

  2. J’ai lu une fois sur un blog (de maman tatouée si ça t’intéresse) : pas besoin d’être parfaits pour être heureux, juste d’être heureux pour que ce soit parfait ! Depuis, cette phrase est devenue mon mantra.
    Depuis, je fais au mieux, en pensant avant tout à notre bien être à tous les 4.

  3. Très longtemps avant d’être mère j’ai tout lu.
    Un jour je suis devenue mère et je n’ai plus ouvert le moindre bouquin car j’ai vite compris que le feeling était la meilleure des choses.
    Quand ça bugge, qu’une difficulté persiste, je consulte sans la moindre hésitation la psy qui m’a accompagnée avant, pendant et après ma grossesse. La psychologie de l’enfant c’est son métier, elle met très vite le doigt là où ça pêche. Ça évite de se perdre en lectures à la recherche de SON problème.

  4. Aujourd’hui je me disais que les premières années auraient été + faciles, en laissant un peu + couler quand je me sentais débordée.
    Parfois la maison était sans dessus dessous et j’osais inviter personne, alors que les copines ne seraient pas venues pour inspecter le rangement mais simplement pour me voir moi.

  5. Je les ai aussi ces livres… et je n’arrive pas au même détachement…. ils me ramènent à mes échecs. À cette mère que j’aurais voulu être mais que je ne parviens pas à être, malgré tout la volonté que j’y mets. Je suis la seule mère qu’ils auront jamais mais je ne suis pas assez bonne, j’en ai conscience. Je crie trop, je dis des choses que je m’étais jurée ne jamais leur dire. J’aurais aimé leur transmettre plus, leur transmettre mieux. Je ne veux pas être parfaite, je voudrais juste être meilleure… j’ai encore un peu de chemin à faire avec ces livres….

  6. tellement juste … Pour ma part je n’ai jamais réussi à lire plus de 10 pages d’un de ces livres que tu montres et que mon beau père m’avait offert (haha) mais j’imagine qu’ils doivent donner des conseils judicieux qui paraissent sans doute évident mais qu’on a parfois besoin de lire et relire, je ne sais pas trop … bisous !

  7. Merci beaucoup pour ce très bel article. Effectivement il faut s’écouter, ce que je fait très bien maintenant. La lecture de livre sur la parentalité m’a surtout permis de confirmer que ce que je pensait au fond de moi était légitime. Le concept du continuum a été une révélation pour moi même si c’est extrêmement difficile à appliquer dans notre société. En tout cas ça donne une autre vision des choses.
    Enfin je partage ton avis sur ces 4 livres.
    Néanmoins, chez nous le sommeil est très compliqué. J’ai loupé une étape mais je sais pas encore bien laquelle. Je cherche.
    Je te souhaite une belle journée 🙂

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