Après toi

Y’a cette question con que je me pose tous les jours,

« Je fais quoi maintenant ? »

Maintenant qu’il n’est plus là. Je ne peux même pas dire maintenant qu’il n’est plus dans ma vie, parce que ça, bien sûr, ce serait faux. Tout le paradoxe est là. Je fais quoi maintenant qu’il n’est plus là tout en étant là. Vous vous dîtes certainement que ça ne veut strictement rien dire, qu’à force de passer mes nuits à tenter de répondre à cette question, je commence à dérailler sérieusement. Mais non, mon problème est bien là. Je fais quoi maintenant que je vis avec quelqu’un qui n’est plus là ?

Est ce que l’on peut réaliser les rêves que l’on a inventé à deux lorsque que l’un est parti ? Est-ce égoïste que de s’inventer des rêves qui n’appartiennent désormais qu’à nous ? Est-ce laisser l’autre derrière soi que de vouloir espérer à un demain ? Est-ce que tout cela a bien existé si je suis la seule à vouloir m’en souvenir ?

J’en suis là. Coincée entre un souvenir et un futur. Je suis toujours assise sur le canapé, à le regarder me dire « à tout à l’heure ». Je n’ai pas bougé. Je n’ai pas terminé mon tricot ni le livre que j’avais posé à côté de moi. Je suis toujours assise sur le canapé en attendant qu’il rentre.

Alors je fais des listes de mes envies, je dessine des projets, je compose des bouquets. J’imagine toutes ces choses qui me feraient avancer, construire de nouveaux souvenirs. Je commence à construire un futur que je ne termine jamais. Parce qu’il faut que j’attende encore un peu, je ne peux pas partir maintenant. Je ne peux pas continuer ma route, on ne sait jamais, il pourrait rentrer.

Je sais qu’il ne rentrera jamais. J’ai assez lu les lettres dorées pour en être certaine. Pourtant je regarde toujours la porte quand je dresse la table du dîner.

Il n’y a pas de recette magique contre la tristesse. Il y a des blessures que même le baiser d’une maman sur le front ne peut apaiser. Il n’y a pas de marche à suivre ni de formulaire à remplir pour réapprendre à exister seule. Il n’y a que nous pour se promettre qu’un jour on aura envie de construire un demain.

source GI

Je traîne des pieds sur la route, je veux rester encore un peu. Ici je sais où je suis, je connais tout, même les larmes sont rassurantes. Je sais que je finirai par arriver au bout du chemin, mais pas tout de suite, et puis la douleur ça vous prouve que vous êtes en vie.

N’oubliez pas d’être heureux,

Gwendolynn.

 

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